Flexibilité - Réseaux - Marché
Décret 1L visant à réformer en profondeur le cadre de l'accès à la puissance électrique en Wallonie: EDORA appelle à un cadre transitoire, opérationnel et réellement favorable à la transition énergétique
Notre positionnement en résumé:
- Oui à la flexibilité, parce qu’elle permet de raccorder davantage de projets plus rapidement.
- Oui à des contrats flexibles lorsqu’ils sont temporaires, prévisibles et correctement compensés.
- Non à une flexibilité imposée de manière permanente sans visibilité économique.
- Et surtout, la flexibilité ne doit pas devenir un prétexte pour reporter les investissements dans les réseaux. Pour EDORA, elle est un outil d’optimisation, pas un substitut au renforcement structurel des infrastructures.
EDORA a remis sa note de positionnement sur l’avant-projet de décret adopté en première lecture le 13 mai 2026. Ce texte vise à répondre à la saturation croissante des réseaux électriques wallons, notamment par une meilleure gestion de la file d’attente, des raccordements flexibles et une planification plus cohérente des infrastructures.
EDORA salue plusieurs avancées, en particulier la volonté d’améliorer la prévisibilité pour les acteurs, d’encadrer la flexibilité et de prévoir des mécanismes de compensation. Ces éléments sont indispensables pour éviter que la gestion du réseau repose sur une flexibilité illimitée et non rémunérée.
Mais la fédération estime que le texte, en l’état, reste insuffisant en matière de sécurité d’investissement, de gouvernance et d’opérationnalisation. Pour EDORA, la priorité absolue doit rester le renforcement structurel du réseau. Les mécanismes de flexibilité peuvent constituer des solutions transitoires, mais ils ne peuvent pas devenir une alternative durable aux investissements nécessaires.
EDORA insiste également sur la nécessité d’un meilleur équilibre entre gestionnaires de réseau, régulateur et utilisateurs. Le rôle de la CWaPE doit être renforcé, avec un pouvoir d’approbation effectif et une consultation systématique des acteurs de marché. Les règles doivent aussi être harmonisées entre gestionnaires de réseau et entre niveaux régional et fédéral, afin d’éviter les incohérences et les discriminations.
La fédération demande par ailleurs que les raccordements flexibles soient mieux encadrés : volumes, durées, modalités de compensation et temporalité doivent être clairement définis. Les compensations doivent refléter le préjudice économique réel subi par les utilisateurs du réseau.
EDORA alerte enfin sur le traitement réservé au stockage. Imposer une flexibilité permanente aux batteries est jugé inacceptable, discriminatoire et contraire à l’esprit des règles européennes. Le stockage doit être considéré comme un outil de flexibilité et de réduction des congestions, et non comme un risque systématique pour le réseau.
Pour EDORA, ce décret ne peut être qu’un dispositif transitoire. Il doit permettre de gérer l’urgence sans installer durablement un régime d’exception. La transition énergétique wallonne a besoin d’un réseau renforcé, de règles claires, de flexibilité valorisée et d’un cadre d’investissement prévisible.
La note complète d’EDORA détaille l’ensemble des remarques et propositions formulées dans le cadre de cette consultation. A consulter ici.