Fawaz, EDORA a publié les statistiques éoliennes 2025 il y a quelques jours, que faut-il en retenir ?
Globalement, ce fut une bonne année. Le secteur a installé plus de 100 MW de capacité supplémentaire, suivant ainsi la tendance des dernières années. Ça reste insuffisant pour atteindre les objectifs du PACE2030 mais je note surtout que notre secteur est très dynamique et prêt à atteindre cet objectif de 25% de la consommation électrique produite par le vent wallon à l’horizon 2030, pour autant que la volonté politique soit bien au rendez-vous. On dénombre en effet plus de 5000 MW de projets éoliens dans les cartons des acteurs du secteur, ce qui démontre que notre région reste toujours attractive à cet égard.
Quelles furent les principales contributions de notre fédération à ce bilan ?
Comme toujours, notre travail porte ses fruits dans la durée. Mais je pointerai 2 dossiers liés à l’éolien sur lesquels nous avons engrangé des avancées significatives en 2025.
D’une part, nous avons enfin constaté une diminution des délais de traitement des recours devant le Conseil d’Etat. On parle de traitements trois fois plus rapides qu’il y a quelques années. Cet engorgement des recours et la durée de ceux-ci pesaient sur le secteur. Cela fait plusieurs années que nous travaillons sur ce point et clairement, 2025 fut une année de changement en la matière grâce aux modifications législatives et règlementaires suscitées par EDORA.
D’autre part, je me réjouis que le Ministre Desquesnes ait octroyé plus de permis éoliens en 2025 et commence, sur certains dossiers, à faire primer l’intérêt régional sur l’intérêt communal. Cela reste une balance des intérêts souvent délicate, mais EDORA continuera à pousser l’autorité à faire primer l’intérêt « général » sur les intérêts particuliers pour atteindre les objectifs régionaux adoptés.
Quels seront les priorités 2026 ?
Certains brandissent les réticences locales aux projets éoliens hypothéquant leur réalisation. Une première priorité pour EDORA sera d’objectiver la situation. La minorité anti-éolienne est souvent bruyante, nous aimerions connaitre l’avis de la majorité silencieuse. Nous venons de lancer par exemple une étude de perception avec IPSOS afin de sonder cette majorité. Nous reviendrons vers les autorités compétentes pour discuter des résultats dans le courant du second trimestre et ainsi les sensibiliser à l’importance de rester à l’écoute de l’ensemble de la population locale
Seconde priorité : assurer une plus grande sécurité et visibilité d’investissement en cadrant mieux la taxation de l’éolien. Il est juste que les communes qui participent à la transition énergétique en accueillant des mâts puissent bénéficier de retombées positives. Mais il faut être vigilants par rapport aux abus constatés : des montants souvent déraisonnables venant parfois hypothéquer la viabilité du projet ou même du parc déjà en fonction.
La troisième priorité est liée aux deux précédentes. Nous aimerions favoriser le dialogue entre le secteur et les communes. Les intérêts convergent, les projets gagneraient à être encore mieux concertés en amont avec les différents intervenants.
Et dernière priorité des priorités, faire avancer la co-construction de solutions pour résoudre la difficile équation des conditions d’accès aux réseaux électriques.
Coconstruire, dialoguer & objectiver si on peut résumer ?
C’est tout le travail d’une fédération comme la nôtre. Défendre l’intérêt de nos membres, lever des contraintes au développement de projets et permettre le dialogue avec les autorités dans un climat constructif. L’opposition fait rarement avancer les choses. C’est avec ce type d’approche que nous avons, par exemple, réussi à créer une formule win win pour le déploiement de plus grandes éoliennes en Wallonie et ainsi faciliter le repowering. Les développeurs gagnent en productible, l’équilibre paysager est respecté (moins de mâts mais plus hauts), le business plan est positif pour tous avec moins de soutien public, une rentabilité des projets facilitée et au final, une énergie moins chère.
Sans oublier, que le secteur reste important en terme économique pour notre région : emplois de qualité et difficilement délocalisables, une diminution de la facture des entreprises et des particuliers et une souveraineté énergétique qui devient de plus en plus importante dans le contexte qu’on connait.
Un dernier mot pour nos membres ?
La filière éolienne chez EDORA est « solidaire » et très bien représentée, ça nous aide vraiment pour faire avancer les différents dossiers. Certaines entreprises dans d’autres filières sont parfois hésitantes à nous rejoindre. Je ne peux que les encourager à nous rejoindre pour continuer à s’inscrire dans une stratégie transversale et apporter un maximum de poids pour défendre toutes les filières renouvelables en Wallonie & à Bruxelles. Tout le monde en sort ou en sortira gagnant, j’en suis convaincu.